Marie-Poulette
ça caquète au poulailler

‘Derrière le mur’

Il est gentil. Derrière le mur.

(je vous rappelle que ces mini-chroniques ne sont que ma vision des choses, je change, je camoufle… parce que voilà, y’a des gens qui vivent ça pour de vrai. Le fond est toujours pris dans le réel. Je transforme les conditions, je mélange, je mixe… Parce que… c’est sensible, quoi !)

 

C’est la fin de la session d’atelier en prison.

La réalisation pour de vrai.

Dans la salle de sport en semi-sous-sol, on va enfin voir les cabanes sur lesquelles on travaille depuis des semaines.

On est tous là. Tous mélangés.

Je ne travaille qu’avec les femmes.

Je ne connais pas les hommes. Je ne connais tous les intervenants.

Je ne sais pas qui est qui.

C’est très bien.

On est tous là. Tous mélangés.

Les hommes, les femmes, les détenus, les encadrants.

Il y a beaucoup à faire. Nous sommes tous un peu perdus. Par où commencer ?

On s’y met. Chacun par un petit bout. Tous ensemble. Chacun de son côté.

 

On évite de se toucher, parce que pour une fois, on est tous mélangés. Les hommes, les femmes, les encadrants.

 

Chacun de notre côté, nous parvenons finalement à faire tenir les pans des cabanes.

Petits à petits, on compte aussi sur les autres.

 

Y’a ce monsieur qui est prévenant.

Y’a ce monsieur qui est dégourdi.

Il regarde partout, cherche ceux qui galèrent.

Il vient, il soutient. Il aide.

Il est efficace.

Il est est drôle.

Il est gentil.

 

Les cabanes sont montées.

Elles tiennent debout.

Elles sont belles.

Grâce nous tous. Ensemble.

Grâce à lui aussi qui a fait avancer les choses avec efficacité et gentillesse.

 

Nous sortons tous, sauf ceux qui restent.

Nous discutons. Nous sommes contents, heureux de cette belle réalisation. Ensemble.

Nous parlons de celle qu’on a enfin entendu rire.

Nous parlons de celui qui a été fier de montrer son travail.

Nous parlons des petits mots laissés.

Nous parlons de celui qui est gentil.

 

On me dit : faut que je dise…

Les mots ne sortent plus aussi facilement.

-Faut que je dise… il est gentil.

Les mots coincent.

-Il est gentil. Mais il serait très gentil avec tes enfants, tu vois.

D’un coup, on voit tout à fait.

 

Gentil. Trop. Mal.

 

Les mots se taisent.

 

On essaie de faire taire l’imagination.

On essaie de ne voir que le monsieur serviable.

On essaie d’oublier que les mots savent dire le contraire de ce qu’ils sont.

 

On essaie.

On essaie.

 

 

Allez, hop, hop, hop !

Je suis sur FB et sur IG.

Love sur vous !

 



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Dans le dos.

C’est la fin d’une belle série d’ateliers.

On a bien travaillé.

Ensemble.

Moi avec les femmes.

D’autres avec les hommes.

On a fait des cabanes en cabane.

Pendant des semaines on a rêvé, pensé, fabriqué.

Ensemble.

Chez les femmes, c’est tout petit, notre cabane est grande, grande comme leur envie, grande comme leurs rêves. Bien plus grande que la pièce.

On ne l’a jamais vue montée.

Ce matin, c’était le montage, un peu tendu, une première, sans filet.

Avec une vraie inauguration.

On était un peu inquiètes.

Et puis quand ça a été installé, terminé, on a été épatées. Encore mieux que ce qu’on avait imaginé, mieux que nos rêves !

Elle est fabuleuse notre cabane. Notre cabane en cabane !

Et les visiteurs sont arrivés. Très sérieux, les visiteurs.

Mais dans notre cabane, ils ont rampé, ouvert les petites cachettes, ils se sont assis sur les coussins colorés.

Ils ont ri.

Pour quelques minutes, ils n’ont plus été si sérieux.

 

Elles étaient tellement fières, les femmes, fières de leur travail, fières d’être félicitées.

 

Et puis, le soir, il a fallu tout démonter, remballer le rêve. Il part dans un joli musée où tout le monde pourra rêver le rêve de mes prisonnières.

Elles, elles sont retournées dans leur cellule où une cabane de rêve ne rentre pas.

On a été heureux du travail bien fait.

Du bien fait.

 

Le camion est entré dans la cour.

On était fatigués. On a chargé les cabanes de rêves.

 

Y’a des cellules qui donnent dans la cour.

On ne voit pas les gens. Aux fenêtres, ça ne sont pas des barreaux. C’est un maillage très fin de fer. Pour qu’on ne lance rien dans la cour.

Y’avait comme de l’agressivité.

Plus on chargeait, plus l’air se chargeait.

Y’en avait qui en avait gros. Pas participé au rêve, je crois.

D’abord, il était presque drôle. Et puis moins.

Et puis plus du tout.

A défaut de pot de chambre, ce sont des mots qu’il a balancé par la fenêtre.

Des mots durs.

Quand on n’a pas de couteaux, on balance des mots tranchants.

 

Avec notre rêve qui partait un camion, on n’a rien dit, on n’a pas répondu.

Répondre, c’est faire exister, c’est alimenter, c’est donner du grain à moudre.

 

Je l’ai senti. Dans le dos. Entre les omoplates.

Pas un couteau.

Juste un stylo lancé d’en haut. Un stylo, ça passe dans le fin grillage.

Je n’ai pas eu vraiment mal.

Je n’ai pas eu pas eu vraiment peur.

Je suis juste revenue en réalité.

 

Allez, zou. Je suis sur FB et sur IG itou !

Pour les gens pas trop loin, les cabanes seront installées tout l’été au musée du bocage, dans l’Avesnois. (A Sains du Nord), Vraiment, c’est chouette !!

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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Quand le portique sonne.

Elles sont deux.

Elles se marrent. Elles se poilent.

C’est pas souvent qu’on entend des éclats de rires, ici, dedans.

Elles doivent avoir six et huit ans. Elles sont sœurs.

Elles sont dans le sas d’entrée.

La petite a laissé son manteau par terre, elle s’accroche aux barrières de sécurité pour se balancer.

Elle se marre.

Elle passe sous le portique.

Ça sonne.

Elle repasse dans l’autre sens.

Ça sonne.

Elle rigole tant et plus.

Elle passe encore.

Plus ça sonne, plus elle se marre.

 

La dame qui les accompagne règle les papiers.

Le gardien se prête à sourire de cette petite fille qui joue comme une petite fille.

En prison.

 

Et puis, comme ça sonne, elle doit montrer ce qu’elle a dans ses poches.

 

Un porte-clés.

Pour son papa.

Un porte-clés pour son papa qui n’en a pas vraiment besoin.

Quelles clés pourrait-il y mettre, ici, dedans ?

La clé de chez lui ?

Je ne crois pas non.

La clé des portes ?

Pas vraiment, non.

 

Le porte-clés, c’est elle qui l’a fait. Pour son papa. Avec la dame qui les accompagne.

Quelle drôle d’idée d’offrir un porte-clés à un quelqu’un qui est en prison.

Et puis, de toutes manières, il n’est pas sur la liste, le porte-clés.

Il restera dehors.

Il rentrera plus tard, le porte-clés.

 

La petite, elle s’en fiche.

Elle se marre.

Elle passe encore sur le portique qui reste muet.

 

Il est cassé ?

Non, il n’est pas cassé.

Elle peut passer et repasser. Le portique ne sonne plus. Elle n’a plus le porte-clés qui fait sonner.

 

Elle arrête de rire.

Elle ramasse son manteau.

Une porte s’ouvre.

Elles rentrent.

Elles vont voir leur papa.

Là. Derrière les barreaux.

Elle ne lui offrira pas de porte-clés.

Qu’en aurait-il fait ?

 

Elles vont voir leur papa.

Elles sont juste deux petites filles de six et huit ans qui font les andouilles. Comme toutes les petites filles de six et huit ans.

 

Voilà !

Demain c’est mon dernier atelier en prison… en attendant le prochain.

J’aime bien quand la vie rentre de manière un peu inattendue, parce que, j’en vois peu des mômes en taules. (mis à part en nursery, mais ça, c’est moins drôle)

 

Allez, love sur vous !

Je suis sur FB.

Sur la photo, c’est la cadette, il y a 5 ans… Mais, pour le coup, ça aurait pu être cette petite fille !

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Le changement.

Elle est là depuis un moment.

Elle a les cheveux gris.

Elle mélange parfois un peu les choses.

Elle aime le travail bien fait.

Elle dit souvent souvent qu’elle a bien briqué son chez elle.

Son chez elle est un étage au-dessus. Ses neuf mètres carrés, fermés, à elle. Elle en prend soin de son chez elle, elle a mis des photos des siens à elle sur son mur à elle. Sur ses quatre murs qui sont devenus les siens.

 

Aujourd’hui, elle est un peu perdue. Elle a joué les Pénélope, cette nuit, les Pénélope à l’envers. Toute la nuit, elle a cousu, elle a brodé le morceau de tissu que je lui ai donné la veille.

Et puis, quand elle n’a plus eu assez de fil, elle a été Pénélope à l’endroit, elle a patiemment tiré les fils de la bordure du tissu pour continuer à broder avec les fils de la trame.

 

Alors aujourd’hui, elle est un peu perdue. Elle n’a pas dormi. Comme si la nuit n’avait pas existé, comme si elle était encore hier, un très long hier.

 

Les larmes viennent, l’eau salée de l’amer qui sort par vagues. Le changement…

 

C’est aujourd’hui, le changement, même si elle a essayé que cet aujourd’hui n’arrive jamais en retenant la nuit, hier est pourtant devenu aujourd’hui.

 

Il y a des travaux. Ils refont les cellules.

Elle doit déménager son chez elle pour partager le chez elle d’une autre. Un chez personne. Ni chez elle, ni chez l’autre.

Elle a détaché les photos du mur. Très attachées, les photos. Elle en a arrachée une. Celle avec ses petits enfants. Elle n’a pas de scotch. Elle ne peut pas recoller ce qui a été déchiré. Et hier est devenu aujourd’hui.

Elle ne peut que broder. Faire des nœuds. Des nœuds en pensant à ceux qui sont chez eux.

 

(je vous montrerai ce qu’elle a cousu, elle fait des choses extraordinaires)

 

Y’a des jours, c’est dur, en prison. Non, y’a pas des jours, c’est tous les jours très dur. Aujourd’hui, c’était festival… Festival de triste, de sordide, de moche, de triste. Toutes mes Pénélope ont cousu tard, très tard, hier soir.

J’ai dû attendre avant de sortir, je l’ai vue, agrippée à une grille du couloir, voûtée, une surveillante est passée, elle lui a gentiment passé la main sur les épaules, un geste discret, une bienveillante, elle s’est redressée, elle a pris une grande inspiration et elle est partie vers une nouvelle nuit, dans son chez (pas à) elle.

 

Allez, je suis sur fb.

Love sur vous. Love sur elle !

 

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Bouées de sauvetage

Elle s’accroche à lui.

Il s’accroche à elle.

Elle l’entoure entièrement de ses bras, elle l’enveloppe.

Il se love. Elle est louve.

Rien ne pourrait les séparer.

 

Il est né ici, elle dit. Et puis, elle rit. Nan ! Il n’est pas né ici, on a eu le temps d’aller à la maternité, il est né comme tous les bébés. C’est mon bébé, alors il est ici, avec moi.

 

Pour l’instant, rien ne pourrait les séparer.

 

Elles sont trois, trois mamans.

Ils sont six. Trois mamans et trois bébés, tout au fond, au bout du bout du couloir.

Leur quartier. Trois chambres doubles, avec de petits lits, des petits coins pour le change, des doudous, des mobiles qui font de la musique.

Et la petite salle du fond, la salle commune qu’on a essayé de rendre moins ordinaire, moins grise.

Et la petite cour. On a maquillé les poteaux en palmier, si le ciel n’était pas aussi gris que les murs on y croirait. On a mis de la moquette fausse herbe, pour que ça soit douillé. Mais elles veulent l’enlever. Les rats aussi la trouvent douillette, la moquette en fausse herbe. En dessous, ils font leurs nids, pour leurs petits. Alors, elles ne vont plus dans la cour.

Avant la moquette, c’était moche, mais c’était propre, elles pouvaient nettoyer comme il faut.

 

Pour l’instant, elles attendent, elles restent dedans.

 

Mais bientôt, il sera trop grand pour être dedans. Il va avoir 18 mois. Une année et six mois. À 18 mois, on est trop grand pour être prison. Il va sortir.

Pas elle. Elle, elle a encore du temps, du temps rester, sans lui, dedans. Elle va rejoindre les autres couloirs, avec les mamans sans enfants.

 

Pas maintenant. Pas tout de suite. Bientôt, ça n’est pas aujourd’hui. Aujourd’hui, il est dans ses bras, elle lui sourit, lui aussi.

Juste une maman et un bébé.

Il est sa vie, sa lumière, son doux, son demain, son possible, sa bouée.

 

 

Pour la première fois, donc, je suis allée en nurserie.

Dans une des prisons où je travaille, il y a un espace pour les mamans… et les bébés.

Ce sont quelques cellules séparées des autres par des barreaux et du plexiglass.

Les bébés restent avec les mamans jusqu’à 18 mois. Certains sont déjà gardé partiellement dehors, par une assistante maternelle. Mais, c’est compliqué : les bébés ne peuvent jamais être en contact avec les autres détenus, quand un bébé sort ou rentre, c’est tous les mouvements qui sont bloqués. Et on ne rentre ou ne sort pas d’une prison facilement, il faut passer les contrôles, ouvrir des dizaines de portes…

Quand un bébé est hospitalisé, la maman peut obtenir une permission exceptionnelle pour rester avec lui.

Les bébés ont aussi des permissions, les week-end, ils peuvent aller chez leurs grands-parents où chez les gens qui les accueilleront à leur sortie.

Et puis, il arrive aussi que les mamans aient fini leur peine avant les 18 mois du bébé. et là, c’est la joie.

 

Je suis passée pour me présenter, mais a priori, je vais y mener un petit atelier maman-bébé.

 

Love sur vous !

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(la photo, c’est oim avec Ce Bébé, il y a un peu plus d’un an, à la toute fin du congé mat)

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Y arriver…

C’est un petite jeune fille.

Elle est chouette.

Elle a commencé l’atelier en disant qu’elle n’arriverait pas à couper des carrés carrés.

Elle a réussi.

 

Elle a continué en disant que non, que non, elle n’arriverait pas à se servir de la surjeteuse pour les assembler.

Elle a osé.

Elle a cousu. Elle a décousu.

Elle re-cousu. Elle a persisté.

Elle a réussi.

 

Elle a dit qu’elle ça n’était pas possible qu’elle puisse doubler sa couverture avec la machine à coudre.

Elle l’a fait.

Elle l’a fait pour une autre fille, parce qu’elle, elle y arrivait.

 

Quand l’atelier c’est terminé, tout à l’heure, elle m’a dit : Merci. Vraiment merci. Je ne pensais jamais que je pourrais faire ça. J’ai appris plein de choses. Ce que j’ai cousu est beau. Je vais l’envoyer à ma fille. c’est pour elle que je l’ai faite, pour elle que j’ai fait tout ça. J’y suis arrivée.

Elles sont toutes remontées en cellule.

 

Quand est ressorti, aujourd’hui, comme c’était le dernier jour, on a papoté, entre nous.

J’ai dit que cette demoiselle me touchait. Qu’elle avait appris qu’elle pouvait faire beau et qu’elle était persévérante et tenace. Qu’elle y arrivait. On était tous d’accord. Rien que pour elle, cet atelier était utile.

 

Et puis, quelqu’un a dit : c’est fou de penser qu’elle a tabassé sa fille de deux ans.

C’est fou. C’est vertigineux. C’est inimaginable. C’est inconcevable.

 

Nous avons quitté nos costumes de professionnelles. Nous avons enfilé nos costumes de maman.

Nous étions tous d’accord. On entend, on n’est pas sûre de comprendre complètement.

Parce que, parfois, nous aussi, on a envie de taper.

Mais on ne le fait pas. On arrive à ne pas le faire.

Elle, elle n’y arrive pas.

 

Elle est dedans. Nous dehors.

Ça ne veut pas dire que nous sommes pas des mères formidables. Des mieux. C’est juste qu’on y arrive. Qu’on arrive à prendre de la distance. Qu’on arrive à se contrôler suffisamment. (que certainement nos vies sont plus simples aussi…)

 

Quand elle est sortie de l’atelier, elle m’a demandé si j’allais revenir. Pas tout de suite, j’ai répondu. Alors, elle a dit qu’elle espérait ne pas me revoir. Pas là, en tous cas.

 

Et puis, j’espère de tout cœur qu’elle sait maintenant qu’elle peut y arriver. À aimer simplement sa fille. Elle l’aime, c’est sûr. Elle l’aime-compliqué. Mais, avec de l’aide, avec du temps, avec, avec, avec, avec… elle va y arriver.

 

J’espère.

 

Love sur vous ! (particulièrement ce soir)

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Douche froide

Ce n’est pas qu’il faisait beau, mais j’étais contente de rentrer en prison aujourd’hui.

En rentrant j’allais oublier un message qui m’avait un peu contrariée.

Parfois, la prison me fait du bien.

Alors, je suis souvent contente d’y entrer.

 

C’est un petit groupe, sympathique.

On rit.

On papote.

Comme si de rien n’était.

 

On parle des enfants. Moi des miens. Elles des leurs.

Comme si de rien n’était.

 

Elles découpent leurs carrés de tissu avec précaution, en choisissant avec soin les couleurs, les dessins.

Il fait chaud dans la salle. On ouvrirait bien les fenêtres… si on pouvait.

 

C’est chouette. Vraiment.

Une parenthèse joyeuse.

Comme si de rien n’était.

 

Et puis, je saisis une bribe de conversation. Elle parle d’une détenue.

 

– Oh ben oui, elle me l’a dit. La prison, ça a changé sa vie.

– Ah bon ?

– En fait, il n’y a que en prison qu’elle peut prendre des douches chaudes. Chez elle, il n’y a pas de salle de bain.

 

Y’a eu comme un froid dans notre bonne humeur.

 

Comme un froid.

 

Je suis ressortie en pensant que je n’avais pas pensé au message qui m’avait contrariée. Non, j’avais pensé à elle. Elle qui peut prendre des douches chaudes…

 

Parce que nos réalités ne sont vraiment pas toujours les mêmes.

Parce que, nous sommes à des kilomètres d’imaginer la vie des gens. Moi la première, tranquillement assise, dans mon fauteuil. A des kilomètres.

 

Allez, love sur vous !

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