Marie-Poulette
ça caquète au poulailler


Dans le dos.

C’est la fin d’une belle série d’ateliers.

On a bien travaillé.

Ensemble.

Moi avec les femmes.

D’autres avec les hommes.

On a fait des cabanes en cabane.

Pendant des semaines on a rêvé, pensé, fabriqué.

Ensemble.

Chez les femmes, c’est tout petit, notre cabane est grande, grande comme leur envie, grande comme leurs rêves. Bien plus grande que la pièce.

On ne l’a jamais vue montée.

Ce matin, c’était le montage, un peu tendu, une première, sans filet.

Avec une vraie inauguration.

On était un peu inquiètes.

Et puis quand ça a été installé, terminé, on a été épatées. Encore mieux que ce qu’on avait imaginé, mieux que nos rêves !

Elle est fabuleuse notre cabane. Notre cabane en cabane !

Et les visiteurs sont arrivés. Très sérieux, les visiteurs.

Mais dans notre cabane, ils ont rampé, ouvert les petites cachettes, ils se sont assis sur les coussins colorés.

Ils ont ri.

Pour quelques minutes, ils n’ont plus été si sérieux.

 

Elles étaient tellement fières, les femmes, fières de leur travail, fières d’être félicitées.

 

Et puis, le soir, il a fallu tout démonter, remballer le rêve. Il part dans un joli musée où tout le monde pourra rêver le rêve de mes prisonnières.

Elles, elles sont retournées dans leur cellule où une cabane de rêve ne rentre pas.

On a été heureux du travail bien fait.

Du bien fait.

 

Le camion est entré dans la cour.

On était fatigués. On a chargé les cabanes de rêves.

 

Y’a des cellules qui donnent dans la cour.

On ne voit pas les gens. Aux fenêtres, ça ne sont pas des barreaux. C’est un maillage très fin de fer. Pour qu’on ne lance rien dans la cour.

Y’avait comme de l’agressivité.

Plus on chargeait, plus l’air se chargeait.

Y’en avait qui en avait gros. Pas participé au rêve, je crois.

D’abord, il était presque drôle. Et puis moins.

Et puis plus du tout.

A défaut de pot de chambre, ce sont des mots qu’il a balancé par la fenêtre.

Des mots durs.

Quand on n’a pas de couteaux, on balance des mots tranchants.

 

Avec notre rêve qui partait un camion, on n’a rien dit, on n’a pas répondu.

Répondre, c’est faire exister, c’est alimenter, c’est donner du grain à moudre.

 

Je l’ai senti. Dans le dos. Entre les omoplates.

Pas un couteau.

Juste un stylo lancé d’en haut. Un stylo, ça passe dans le fin grillage.

Je n’ai pas eu vraiment mal.

Je n’ai pas eu pas eu vraiment peur.

Je suis juste revenue en réalité.

 

Allez, zou. Je suis sur FB et sur IG itou !

Pour les gens pas trop loin, les cabanes seront installées tout l’été au musée du bocage, dans l’Avesnois. (A Sains du Nord), Vraiment, c’est chouette !!

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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