Marie-Poulette
ça caquète au poulailler


Libérée

(petites précisions avant de lire l’article : allez voir les autres ! La genèse, les mouchoirs, les mères et Pourquoi j’y vais)

Vous pouvez bien sûr partager et commenter… ou pas ! (et puis on papote aussi sur FB soit sur on n’a pas 4 bras soit sur Marie Poulette)

 

C’est la fin de l’après-midi. Je sors de l’atelier. Je croise un groupe de gardiens.

Ils ont fini leur journée de travail.

Ils ressortent. Ils rentrent chez eux. Ils rient.

Ils sont détendus.

 

 

Ils me tiennent les portes. Ils me filent un coup de main pour porter mes sacs. Ils blaguent.

Ils sont détendus.

 

 

Et puis, ils l’aperçoivent. Une grille devant nous. Elle est entre 2 gardiens.

Elle est détenue.

 

 

Elle trimballe un sac à la fois un peu gros et dérisoirement petit. Elle porte sa peine. Elle avance. Elle ne regarde pas en arrière.

Elle est détenue.

 

 

Et ils rient, ils parlent fort. « C’est une libé, c’est bien les libé »

Ils avancent vite. Ils veulent aussi sortir pour rentrer.

Ils sont détendus.

 

 

Et puis, elle se fait rattraper.

On la dépasse…

Les gardiens lui sourient.

Vraiment.

C’est une libé !

C’est bien.

Ils sont détendus.

 

 

Jusqu’à la porte, elle est encore détenue.

Elle signe un dernier papier.

On ne lui pas « au revoir », on ne veut pas la revoir.

On lui dit bonne route et bon courage.

Et elle sort.

Elle n’est plus détenue.

 

 

Elle ne s’attarde pas sur le pas de la porte. Elle avance.

Elle traine son sac. Elle n’est plus détenue.

 

Je la revoie plus loin, elle attend à un coin de rue.

Elle a coincé son sac entre ses jambes.

Elle n’est pas vraiment détendue.

Mais, elle n’est plus détenue.

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